cinéma-bobines-film-sologne

La Sologne et le septième art

La Sologne terre d’artistes est aussi une hôte généreuse, accueillante et inspirante pour le 7e art. Depuis près d’un siècle, le cinéma y a trouvé châteaux majestueux ou coquets, landes mystérieuses, forêts profondes, étangs reflètant des cieux changeants, brumes intrigantes, petits villages de brique soignés, faune sauvage, art de vivre ancestral, légendes enfouies… Ainsi riche d'une telle diversité et tellement cinégénique, la Sologne est susceptible de satisfaire aux scénarios les plus variés.

LA RÈGLE DU JEU de JEAN RENOIR (1939)

Comment ne pas commencer par Jean Renoir qui fit de la Sologne un décor grandeur nature pour sa magnifique Règle du jeu considérée par beaucoup comme son chef d'œuvre et même comme « le credo des cinéphiles, le film des films » par François Truffaut  (in François Truffaut, Les Films de ma vie, Flammarion, 1975).

« Ce « drame gai » ou « fantaisie dramatique », pour reprendre l'expression du réalisateur, a pour ambition d'être une peinture de mœurs de l'aristocratie et de la grande bourgeoisie ainsi que des domestiques qui les servent, à la fin des années 1930. » Source

 

En évoquant les beautés de la Sologne au cours du tournage, Jean Renoir repense à son illustre père, le peintre impressionniste Auguste Renoir lui aussi attaché aux décors naturels et au travail « sur le motif » : 

 Un des regrets de mon père fut de n’avoir pu peindre des coins de Sologne. Comme j’ai compris la sincérité de ses regrets devant ces beaux paysages aux couleurs étonnantes, d’une grâce si mélancolique et si douce à la fois, de la Sologne !

Lieux de tournage de La Règle du Jeu en Sologne :

Tourné de février à mai 1939 principalement au château de La Ferté-Saint-Aubin et pour la partie de chasse à Brinon-sur-Sauldre, ce film est par là même aussi un témoignage du paysage solognot d’il y a plus de quatre-vingts ans.

On retrouve ces lieux de tournage évoqués par des descendants de solognots qui avaient participé à l'aventure dans le reportage « Grandeur et décadence dans la Sologne de Jean Renoir » (Arte - Invitation au voyage du 12 novembre 2020).

RABOLIOT de JACQUES DAROY (1946)

« En 1946, Jacques Daroy tourne une adaptation cinématographique en Sologne, sur les lieux mêmes qui inspirèrent Genevoix. Le film a été produit par Les Prisonniers Associés, une coopérative d’anciens prisonniers français de la Seconde Guerre mondiale.
Deux autres adaptations ont été produites par la suite pour la télévision, une en 1971, écrite par Jean-Louis Bory et réalisée par Jean-Marie Coldefy, et une autre en 2008, signée Jean-Daniel Verhaeghe. » Source

 

LE GRAND MEAULNES de JEAN-GABRIEL ALBICOCCO (1967)

« Depuis la parution du roman d' Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, en 1913, de très nombreux cinéastes avaient souhaité porter ce livre à l'écran. Ils s'étaient cependant toujours heurtés à l'opposition de la soeur d'Alain-Fournier, Isabelle Rivière. Il fallut ainsi attendre plus de cinquante ans pour voir ce classique de la littérature porté à l'écran. Pour assurer la fidélité "au plus près" du film à l'oeuvre de son frère, Isabelle Rivière tint à collaborer elle-même à l'adaptation et aux dialogues. » Source

Retour sur le tournage du Grand Meaulnes d'Albicocco dans Cinq colonnes à la Une en mai 1968

Avec des vues du village d’Henrichemont, une interview des enfants qui ont figuré, des acteurs principaux et d’Isabelle Rivière, sœur d’Alain Fournier qui a accepté qu’Albicoccco mette en image le chef d’œuvre de son frère. On la voit dans la maison natale d’Alain Fournier à La Chapelle-d'Angillon. Maison restée dans son jus mais qui ne se visite malheureusement pas (sauf visites organisées exceptionnelles). Et on finit avec des images prises pendant le tournage des scènes de la fête étrange. À voir ici

 

Lieux de tournage du Grand Meaulnes en Sologne :

PEAU D'ÂNE de JACQUES DEMY (1970)

Le film de Jacques Demy sorti en 1970 est directement inspiré du conte Peau d'âne de Charles Perrault (1694).

« À cette histoire merveilleuse, le réalisateur apporte une esthétique « pop » caractéristique des années 1960 mais encore inédite dans le cinéma français. » Source

Certaines scènes de Peau d'âne, et non des moindres, ont été tournées en Sologne à Chambord.

Agnès Varda, compagne de Jacques Demy, était présente sur le tournage du film avec leur fille Rosalie. Elle en a filmé les à-côtés et les coulisses pour notre plus grand plaisir. On se retrouve ainsi à Chambord un bel été de 1970 en compagnie de François Truffaut, Catherine Deneuve, Delphine Seyrig et Jim Morrison. À savourer sur le site de la Cinémathèque avec en prime les voix off d'Agnès Varda et de Rosalie Demy-Varda.

L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE de NICOLAS VANIER (2017)

L'histoire de Paul, jeune orphelin qui découvre le monde de la campagne en Sologne, a été filmée dans cette région naturelle si chère à Nicolas Vannier qui en est originaire, y a des souvenirs d'enfance et y vit dans la propriété familliale quand il n'est pas à l'autre bourt du monde pour les besoins de ses tournages ou satisfaire son goût de l'aventure et des grands espaces.

Lieux de tournage de L'École buissonnière en Sologne :

Et même les animaux du film sont de proches voisins, dressés à Sury-aux-Bois par Muriel Bec d'Animal Contact, société spécialisée dans le dressage d'animaux pour le cinéma.

COURJUMELLE de JEAN-CLAUDE RAOUL (2017)

« Courjumelle est une ferme imaginaire de Sologne…

Ce documentaire-fiction fait revivre des tranches de vie des années 1920 en Sologne. Un grand-père, une grand-mère, leurs petits enfants et une centaine de villageois nous replongent au cœur de cette période. Des émotions, de l’humour dans cette superbe région.

Tourné dans plus d’une vingtaine de communes de Sologne il se veut une transmission de métiers, gestes anciens, architectures qui ont succombé sous les coups de boutoir du progrès. Avec lui se sont diluées des croyances, dont certaines persistent encore… mais ne sont plus que chuchotées par un petit nombre… » Source

 

CHAMBORD de LAURENT CHARBONNIER (2019)

« Chambord au cinéma dans un film de Laurent Charbonnier ! Le film fait se côtoyer deux univers : d’un côté, l’édifice, abrégé de l’industrie humaine, témoin séculaire de la grande Histoire et de l’autre, tout un microcosme animal qui déroule la petite histoire de la vie entre rivière, forêt et lande. » 

 

 

JEAN-PAUL GROSSIN 

« Jean-Paul Grossin, journaliste autodidacte, avait créé le Journal de la Sologne dans les années 80, journal d’un amoureux de ce terroir dont il devint au fil du temps le meilleur spécialiste et le narrateur remarquable de la vie de ses habitants comme de sa faune et de sa flore. » (Source : Magcentre)

Il en fut rédacteur en chef jusqu'en 1996 et d'ailleurs de nombreux solognots gardent religieusement les exemplaires de cette époque qui sont d'une qualité, d'une richesse et d'un intérêt rares.

Jean-Paul Grossin se consacra ensuite à sa deuxième passion, le cerf, et réalisera plusieurs films qui lui sont exclusivement dédiés.

QUAND LE CERF PERD LA TÊTE de JEAN-PAUL GROSSIN (1998)

« Ce film, servi par une musique originale symphonique créée par Patrick Morin, est un véritable oratorio consacré à "LA" page blanche du cerf, celle qui va du profond de l'hiver aux feux de septembre. Autrement dit de la chute des bois (filmée !) au suivi de leur renouveau et à leur premier emploi au brame. Il aura fallu huit ans à Jean-Paul Grossin pour enfin obtenir l'ensemble des images nécessaires à l'élaboration de ce projet. Du perce-neige au colchique, du chant du coucou au départ des hirondelles, nous y donnons rendez-vous à la flore et à la faune sauvages. Une véritable symphonie forestière et un spectacle biologique contemplatif dédié à la beauté. »

Plus d'informations ici. 

CERF MOI FORT de JEAN-PAUL GROSSIN (2011)

L'ÉTANG AUX BICHES de JEAN-PAUL GROSSIN (2009)

Musique du compositeur solognot Patrick Morin

« Un étang oublié, à l’écart du chemin comme la Sologne en a le secret. Préservé des trépidations, et pourtant là, à deux pas de chez vous, c’est l’étang aux biches, raconté par le cinéaste animalier Jean-Paul Grossin.
La vie sauvage ne palpite pas obligatoirement au fin fond d’un continent étranger. »

Source 

Et maintenant, il ne vous reste plus qu’à vous glisser sous un bon plaid et vous délecter de ces merveilles filmiques tout en rêvant à vos prochaines escapades en Sologne « […] un décor parfait pour un conte d’Andersen » comme le disait Jean Renoir lui-même.

Fermer

Filtrer mes résultats

    Filtrer